Nokia donne son « Mobile Runtime » Java à la fondation Symbian

Nokia donne son « Mobile Runtime » Java à la fondation Symbian

Dans un effort de rendre plus accessible le développement d’applications Java pour les mobiles basés sur le système Symbian, Nokia vient d’annoncer, ce 15 juillet, faire don de son « Mobile Runtime for Java Applications » (JRT) à la fondation Symbian (créée en 2008 justement, suite au rachat de Symbian Software Limited). Avec le don de son JRT, Nokia met à disposition pas moins d’1 million de lignes de code Java et C++ correspondant à son runtime, son installeur d’applications, ses API, ses tests et sa documentation. Le tout est mis à disposition sous license Eclipse Public License (EPL) et est disponible comme partie intégrante du dernier Symbian^3 Product Development Kit.

Nokia annonce le support de la norme MIDP 2.1 (JSR 118), ainsi que ses nombreuses JSR, dont l’architecture MSA. Rien de bien nouveau, jusqu’à présent, serait-on tenté de dire. D’un point de vue graphique, la plateforme Symbian^3 apporte le support d’une accélération graphique hardware, ainsi que deux API non standard : la classique Nokia UI API en version 1.4, ainsi qu’une implémentation de l’Eclipse Standard Widget Toolkit (eSWT) UI API en version 1.0.3.

En complément du langage Java, Le SDK Symbian^3 propose d’écrire des applications natives en utilisant le langage C++ et le support intégré du tookit graphique Qt. Un support de développement basé sur les technologies Web est également disponible, il permet de construire des applications basées sur le Nokia’s Web Runtime (WRT) et l’outil PhoneGap, qui permet de tirer parti de différentes fonctionnalités de l’OS habituellement uniquement accessibles par les applications natives.

Pour les curieux, une roadmap de développement permet de se faire une idée des fonctionnalités des futures version de la plateforme.

Quelle stratégie pour Nokia en 2010?

Dès 2008, Nokia avait préparé sa riposte face à la sortie de la plateforme mobile Android de Google. Déjà détenteur de 48% de la société Symbian Limited, Nokia avait racheté les parts restantes auprès de ses concurrents de l’époque (Sony-Ericsson, Panasonic, Siemens, …) pour un montant avoisinant les 250 millions d’euros. Ce rachat qui n’était qu’une première étape devait permettre à Nokia de faire don de la plateforme Symbian à la fondation éponyme. A la même époque les autres acteurs de l’environnement Symbian devaient faire de même: Sony-Ericsson et Motorola devaient, entre autre, fournir la technologie UIQ à la fondation. Le but de la fondation Symbian était donc de créer, à partir de ces différentes contributions, une plateforme mobile unifiée ouverte à la communauté.

En l’espace de 2 ans, le paysage des plateformes mobiles a cependant bien changé: l’iOS d’Apple est devenu un leader emblématique, même s’il commence à se faire disputer le titre par la plateforme Android de Google, tandis que Microsoft tente revenir dans la course pour les fêtes avec son nouveau système Windows Phone 7. En parallèle, de nouveaux acteurs apparaissent tel que Samsung avec son système Bada, ou bien Baidu qui souhaite copier son grand frère Google avec un OS ayant pour ambition de conquérir le marché chinois …

Près de 2 ans après la présentation de sa stratégie pour contrer Google, l’annonce de la sortie de Symbian^3 par Nokia ressemble beaucoup à une tentative désespérée de raccrocher le wagon. Il n’est plus l’heure pour Nokia de redorer son blason, mais plutôt de sauver les meubles dans un secteur où les évolutions se font à coup de bottes de sept lieues. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer le paysage des plateformes mobiles aujourd’hui avec celui de 2008. Malgré un parc important d’appareils mobiles déployés et sa communauté de développeurs, Nokia est toujours à la recherche d’un business model efficace. Ses talents d’innovation et de fabricant de combinés haut de gammes semblent être un lointain souvenir tant la concurrence a pris de l’avance rapidement. La stratégie de Nokia est-elle la bonne ? Nokia est en tout cas, aujourd’hui, au pied du mur. Le géant scandinave annonce pour la fin d’année des appareils compatibles avec la toute dernière version de la plateforme Symbian, comme le Nokia N8. Dans un marché en mouvement permanent, cela sera-t-il suffisant ?

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